Matilda Gascon Delqueux

 

Matilda Gascon Delqueux est traductrice économique et marketing. Elle travaille depuis l’anglais, l’espagnol et le néerlandais vers le français.

Bonjour, quelques mots pour te présenter ?

Bonjour ! Je m’appelle Matilda, je suis traductrice indépendante depuis bientôt cinq ans. J’ai vécu dans le sud de la France, en Espagne, en Belgique et aux Pays-Bas. J’habite aujourd’hui à Lille, où j’ai étudié la traduction.

Interprétation ou traduction – ou les deux peut-être ? Quels sont tes domaines de spécialisation ?

Traduction uniquement. Il m’est plus facile de trouver le mot juste à l’écrit, mais chaque discussion avec des collègues interprètes me donne un peu plus envie d’ajouter cette corde à mon arc…

On dit souvent que ce sont les spécialisations qui nous choisissent, et c’est en partie vrai dans mon cas. Lors de mon semestre Erasmus, un imbroglio administratif m’oblige à suivre des cours de marketing intensif. Puis, en dernière année de master, une agence me démarche pour de la traduction dans ce domaine et je lance mon activité. Ma passion première des sciences économiques et sociales finit par me manquer, donc je décide de m’y remettre en 2024. Je travaille sur des projets financiers, mais aussi immobiliers ou sociologiques… et j’adore ça ! Cette spécialisation occupe désormais la majorité de mes semaines, même si je prends toujours autant de plaisir à traduire pour mes clients marketing.

Pourquoi as-tu choisi ce métier ?

La traduction m’a cueillie très jeune, je devais avoir treize ou quatorze ans. Les langues étrangères avaient toujours été mes matières préférées, le salariat ne me disait rien du tout et je voulais pouvoir voyager sur un coup de tête. Quand j’ai découvert ce métier en répondant à un questionnaire d’orientation en ligne, j’ai su que c’était le bon. J’avais tellement hâte de décrocher mon diplôme et de m’y mettre !

Avec le temps, j’ai compris que cette vocation remontait même à mes six ans. À l’époque, ma famille venait de déménager près de Barcelone et j’ai intégré l’école du coin alors que je ne parlais que le français. J’ai découvert le catalan, l’espagnol et l’anglais en même temps : c’était le paradis. Mais la barrière de la langue a aussi créé quelques quiproquos, tantôt drôles tantôt malheureux. Un jour, une professeure m’a passé un savon car elle croyait que j’avais frappé une camarade ; il m’a fallu un temps fou pour me faire comprendre… De retour en France, j’ai eu à cœur d’aider les élèves allophones : je voulais qu’ils se sentent bien accueillis et ne vivent pas ce genre de mésaventure. A posteriori, si j’avais su à cet âge que la traduction était un métier, j’aurais arrêté mon choix encore plus tôt !

Sur quels types de projets préfères-tu travailler ?

J’ai besoin de variété dans mon travail, et c’est l’une des raisons pour lesquelles j’aime autant la traduction. Quand je reçois une étude sociologique de deux cents pages, je suis en joie. Lorsqu’elle est terminée, j’apprécie d’autant plus les présentations marketing de quelques centaines de mots, et vice-versa.

Cela dit, tous ces projets qui me plaisent ont un dénominateur commun : la qualité de la relation client. J’ai été cheffe de projets de traduction pendant deux ans et cette expérience a façonné mon éthique de travail. Si on veut livrer la traduction juste, il faut aller au-delà du texte reçu, comprendre le fonctionnement du client en interne, poser les bonnes questions. On ne peut pas faire l’impasse sur le contact humain, et c’est tant mieux.

Et en dehors de la traduction ou de l’interprétation, quels sont tes centres d’intérêt ?

J’adore cuisiner. D’ailleurs, j’aimerais bien traduire des livres de recettes. Vous voyez, même quand on me dit « en dehors de la traduction », elle revient au galop… Sinon, je fais du yoga et de la musculation, et j’apprends le japonais. Entre amis, on commence à s’adonner à des activités créatives sans pression : (mal) peindre une assiette en céramique autour d’un verre, c’est vraiment super. Et bien sûr, chers collègues, vous ne serez pas surpris par mon amour des voyages et de la lecture. Quand j’ai le nez dans un bouquin, c’est souvent de la non-fiction, mais je varie les plaisirs. Le prochain ouvrage de ma pile à lire : If This Be Magic, de Daniel Hahn. Il nous l’a si brillamment présenté à On traduit à Dublin que je me suis empressée de l’acheter !

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