
Auriane Destrument est une traductrice de l’anglais vers le français qui se spécialise dans les sciences de la vie, la médecine et la santé.
Bonjour, quelques mots pour te présenter ?
Je suis traductrice depuis une douzaine d’années, après une première carrière dans la recherche scientifique. J’ai ainsi la chance de pouvoir m’adonner à mes deux passions : les sciences et les langues.
Si mes facilités pour la biologie se sont manifestées très tôt, l’anglais était une autre paire de manches, mais j’étais décidée à maîtriser cette langue « que tout le monde connaît ». J’ai donc quitté ma Belgique natale à l’âge de 18 ans pour aller vivre et étudier à Londres, au départ pendant un an. Cette année s’est éternisée et, vingt-sept ans plus tard, je suis toujours sur le sol britannique quoiqu’un peu plus au nord. Je vis dans la vaste et belle région du Northumberland, avec mon compagnon et nos deux enfants.
Interprétation ou traduction – ou les deux peut-être ? Quels sont tes domaines de spécialisation ?
Mise à part une expérience courte, mais intense, d’interprète pour un cours de yoga, je me consacre entièrement à la traduction qui comporte un avantage de poids : elle permet de s’arrêter sur une phrase compliquée pour pouvoir réfléchir quelques instants.
Bien avant d’être traductrice indépendante, j’ai étudié les sciences de la vie à l’université (d’abord Leeds, puis Manchester) et travaillé comme chercheuse scientifique dans plusieurs laboratoires. J’avais donc déjà mon domaine de spécialisation avant d’acquérir mes compétences en traduction.
La majorité de mes projets actuels portent sur des essais cliniques, des dispositifs médicaux et des documents réglementaires du secteur pharmaceutique. Cela dit, je travaille de plus en plus sur les maladies rares, un sujet qui m’intéresse beaucoup et dont le paysage médical et politique commence enfin à progresser en Europe.
Pourquoi as-tu choisi ce métier ?
Deux facteurs ont motivé mon choix :
- La recherche m’avait usée et j’avais envie de renouer avec mon ancienne passion, les langues et les lettres. Je venais de terminer un roman traduit intitulé I Served the King of England, de Bohumil Hrabal, qui m’avait beaucoup marquée et qui consacrait un paragraphe entier à l’éloge du traducteur (cité, évidemment). Je pensais naïvement que c’était une coutume courante. Toujours est-il que l’inspiration d’être un jour traductrice était née.
- Je suis malencontreusement tombée enceinte beaucoup plus tôt que prévu. J’ai dû soudainement penser à l’avenir en termes concrets. Et pas question d’être postdoc à plein temps (et le reste du temps) avec un bébé à la maison. L’évidence s’imposait… je me suis lancée.
Sur quels types de projets préfères-tu travailler ?
J’adore traduire des ressources pédagogiques ; cours, tutoriels, programmes de formation. J’apprends tout en traduisant et j’y prends un grand plaisir. En outre, ce genre de contenu tend naturellement à être rédigé de façon claire et à être logiquement structuré, ce qui me facilite grandement la tâche.
J’aime aussi travailler sur des projets de recherche stimulants. J’ai, par exemple, traduit la majorité des demandes, rapports et protocoles du projet Target Malaria, dont l’ambition est d’éradiquer le paludisme en Afrique de l’Ouest en utilisant des moustiques génétiquement modifiés. J’ai aussi récemment contribué à la traduction d’un article proposant une nouvelle définition de la paralysie cérébrale.
Et en dehors de la traduction ou l’interprétation, quels sont tes centres d’intérêt ?
J’anime une table de conversation française dans mon village voisin. Mes leçons sont bien reçues mais je soupçonne que c’est moi qui en profite le plus : je leur propose des textes, vidéos ou chansons qui me tiennent à cœur et ils m’en parlent pendant une heure. Qui d’autre en prendrait le temps ?
Quand j’en ai l’occasion, j’adore me promener, voyager, découvrir, seule ou en famille. À mes heures perdues, je m’improvise artiste : je m’essaye à la poterie et à la peinture avec des résultats, disons, imprévisibles. Je suis aussi une grande adepte du yoga et de la méditation. Ces pratiques m’aident à garder les pieds sur terre et la tête hors de l’eau.


