La révision comparative de A à Z

Article écrit par Catherine Roux (traductrice de l’anglais vers le français, spécialisée en marketing et développement international)

Nombre de participant·e·s : 12

Les 24 octobre et 7 novembre derniers, j’ai eu le plaisir d’assister à un atelier de formation organisé par ITI FrenchNet sur les techniques de révision comparative. Je vous livre ci-dessous mes impressions sur cet atelier.

La formatrice, Caroline Tremblay, a commencé par se présenter, puis elle a demandé à chacun et chacune ce qu’il ou elle attendait de cet atelier. Les participant·e·s avaient des degrés divers d’expérience en matière de révision : certaines personnes n’en font jamais, d’autres régulièrement. Tous souhaitaient mieux comprendre en quoi consiste la révision et comment améliorer un texte en lisibilité.

La première partie de l’atelier était théorique, Caroline nous a donné des lignes directrices pour aborder la révision. Plutôt que de faire une révision comparée entre langue source et langue d’arrivée, elle nous a conseillé de commencer par lire le texte d’arrivée. De cette manière, lorsque le texte comporte des lourdeurs et des fautes de style, celles-ci sautent immédiatement aux yeux. Elle nous a conseillé d’analyser le texte, d’y apporter des corrections, puis de faire une relecture finale. Cela ne nous dispense pas de retourner au texte source pour en vérifier le contenu et éventuellement reformuler les passages qui ont besoin d’être révisés.

Lorsqu’une phrase pose un problème, mais que l’on n’arrive pas à mettre le doigt sur la bonne formulation, Caroline applique ce qu’elle appelle la “stratégie reportée”, à savoir surligner un passage problématique pour y revenir par la suite.

Une des règles maitresses de la révision est de ne pas remplacer une erreur par une autre erreur. Caroline nous a conseillé de ne pas nous acharner sur un détail qui risque d’avoir des répercussions nous obligeant ensuite à reprendre l’ensemble du texte. Ce qui prime avant tout, c’est la lisibilité du texte et la concision. À ce propos, elle a évoqué un concept intéressant, celui du taux de foisonnement (à savoir le nombre de mots cible par rapport aux mots source). Il est recommandé de privilégier un taux de foisonnement ne dépassant pas 10 %, tout en visant à se rapprocher le plus possible d’un taux de foisonnement de 0 %.

Pour la deuxième partie, les participant·e·s avaient la tâche de réviser un texte de 500 mots. Caroline avait choisi un texte publié sur le site de l’ONU dont le thème était le 50e anniversaire de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Elle nous a demandé de réviser une traduction qui était, il faut le dire, très médiocre. Nous nous sommes d’ailleurs posé la question de savoir si la traduction était un produit de l’IA car certains passages étaient une traduction littérale avec des erreurs manquant de subtilité. La question reste entière… Le fait est que le texte d’arrivée était très peu compréhensible et émaillé de lourdeurs et de faux amis. Caroline a procédé à une analyse du texte phrase par phrase en nous demandant d’identifier les problèmes que nous avions repérés et nos suggestions de reformulation.

Les échanges ont été très enrichissants, chaque personne ayant fait appel à des techniques différentes et judicieuses pour améliorer le texte.

J’ai personnellement beaucoup aimé cet atelier réalisé en deux parties. Les conseils de Caroline étaient tous concrets et applicables, et je pense avoir recentré mes priorités en matière de révision. La formule choisie pour l’atelier (théorie, puis mise en pratique) s’est avérée extrêmement utile, et même si chacun et chacune devait se jeter à l’eau pour partager sa version, l’ambiance était conviviale et Caroline a très bien géré les interventions. Je n’ai pas eu la sensation que quiconque se soit senti jugé·e ou critiqué·e dans ses choix. Nous avons malheureusement manqué de temps et n’avons pas pu terminer la révision complète du texte, mais Caroline a partagé avec nous sa version révisée qui était bien plus courte que la mienne !

Cet atelier m’a appris à être plus téméraire dans mes choix, en privilégiant toujours la concision. Je vais désormais prêter attention au fameux taux de foisonnement. Bien sûr, nous aurions tous et toutes voulu pouvoir consacrer plus de temps au texte à réviser, mais comme dans nos conditions de travail habituelles, le temps est toujours compté.

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