On Traduit à Dublin

On Traduit à Dublin (8-10 juillet 2026) par Véronique Cubilié-Ratio

Me voilà nouvellement rentrée de Dublin où j’ai eu le grand plaisir de participer à un séminaire de trois jours entièrement consacrés à la traduction et à la fluidité rédactionnelle. Magistrad et nos hôtes prestigieux (the Trinity Centre for Literary and Cultural Translation, Trinity College Dublin, the Association of Translators & Interpreters Ireland) avaient concocté un programme fourni qui s’articulait autour de nos deux langues de travail.

Les ateliers, menés de main de maître par l’équipe d’On Traduit à, furent pour moi l’occasion d’engager une réflexion approfondie sur ma pratique et de m’essayer à différentes approches stylistiques. Entre autres, la concision pour gagner en clarté et légèreté, l’idiomaticité pour embellir et « donner de la couleur » à mes textes, ou encore la déconstruction, comme au Lego, pour une formulation plus rythmée et plus naturelle.

Le format se voulait participatif et convivial. Outre les séances de travail en petits groupes, la journée débutait toujours dans la bonne humeur autour d’un café et par un exposé succinct sur un point de terminologie (Allô, Dr Termino ?). Cette mise au point rapide permettait de se mettre en jambes et d’attirer notre attention sur de faux amis qui conduisent souvent à des erreurs de traduction en raison d’automatismes et de calques linguistiques. Prenons l’exemple de l’adverbe anglais « historically » pour lequel Christelle Blin nous a proposé plusieurs versions de la même phrase en privilégiant des traductions françaises idiomatiques comme « généralement », « traditionnellement » ou « au départ » selon le contexte.

L’exercice qui m’a le plus intéressée est probablement celui du « Traduel ». L’idée derrière ce duel amical est de présenter deux versions d’un même texte réalisées par deux traducteurs (ou traductrices) chevronné·es, qui sont ensuite invité·es à s’expliquer sur leurs choix terminologiques ou syntaxiques. Il convient de préciser que nous avions tous et toutes reçu les articles de journal en amont de la session afin de pouvoir pleinement nous imprégner du texte source. L’ambiance décontractée était propice aux échanges de points de vue et à la collégialité. Les contributions fusaient tous azimuts et quiconque pouvait intervenir et débattre du bien-fondé des différentes propositions. J’ai trouvé l’expérience de ce remue-méninges collectif particulièrement inspirant.

Le cadre enchanteur de Trinity College, la visite immersive du Book of Kells et de la prestigieuse Long Room dans la vieille bibliothèque ont couronné mon séjour à Dublin.

Bien que le mot qui sème la terreur dans les cercles professionnels de la traduction n’ait que très peu été évoqué au cours de ces trois jours – à mon grand bonheur – la motivation qui nous animait restait la même : parfaire nos compétences rédactionnelles pour pouvoir nous démarquer de la piètre bouillie régurgitée par l’IA et ses outils.

J’ai maintenant plus de ressources et de cordes à mon arc pour offrir un travail rédactionnel de qualité et appliquer les conseils qui m’ont été prodigués. C’était ma première édition d’On traduit à et ce ne sera certainement pas la dernière. Au-delà d’une formation d’excellence, On traduit à, c’est aussi l’occasion de prendre le pouls du secteur, d’échanger des conseils entre professionnels et de rencontrer des collègues des quatre coins du monde. J’en suis revenue avec le vent en poupe.

 

Véronique is a conference interpreter and translator from English/Spanish into French, specialised in international development, marketing and advocacy for disability/neurodivergence rights.

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